septembre 30, 2019

Découvrez l'Urbanisme et l'écologie selon Jean-Marc Nicolle

La ville durable est une expression qui désigne une ville respectant les principes du développement durable. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones urbaines et cela ne cesse d’augmenter.

En 2060, ce sera probablement 10% de la population mondiale. Mais, lorsqu’on sait que nos villes produisent actuellement environ les 2/3 des gaz à effets de serre que nous rejetons dans l’atmosphère cela mérite tout de même de se pencher sur la question.

Comment passer de la ville d’aujourd’hui à la ville durable ?

C’est la question que nous posons aujourd’hui à Jean-Marc Nicolle, maire du Kremlin-Bicêtre et Conseiller métropolitain pour le projet Grand Paris. Premièrement, l’un des plus gros problèmes auquel nous faisons face est le nombre de voitures.

La circulation urbaine représente la moitié des kilomètres parcourus par les voitures en France. Or, les transports sont responsables d’un tiers des émissions mondiales de dioxyde de carbone. C’est donc l’un des principaux facteurs de C02 en ville, sans compter la pollution de l’air.

Plan Kremlin-Bicetre pour illustrer l' Urbanisme et écologie selon Jean-Marc Nicolle sur blog-avis.fr

Pour changer cela, nous dit Jean-Marc Nicolle, il faudrait réorganiser les villes pour éviter l’étalement urbain, les densifier pour réduire les distances entre le domicile et le lieu de travail. Une autre solution serait d’augmenter les capacités des transports en commun, les rendre plus performants, car la voiture reste le mode de déplacement majoritaire pour se rendre au travail.

72% des Français l’utilisent, contre seulement 13% pour les transports en commun. Il faudrait aussi développer l’usage de la voiture électrique en installant un peu partout des bornes de recharge en libre-service. La distance moyenne parcourue chaque jour en voiture, c’est environ 25 km. C’est largement en dessous de l’autonomie des voitures électriques. La ville doit aussi favoriser les déplacements en vélo.

Changer la manière de produire notre électricité

En 2014, 5% de l’électricité a été produite par des centrales thermiques qui fonctionnent au fioul, au gaz ou au charbon, 18% par les énergies renouvelables - surtout par des barrages hydroélectriques et par les éoliennes ou les centrales solaires - 77% par le nucléaire.

Or, ces dernières émettent du C02 de manière indirecte. Si on prend en compte l’extraction de l’uranium, son transport, la construction de la centrale, la gestion des déchets produits et leur démantèlement, oui les centrales nucléaires émettent du dioxyde de carbone.

Idéalement, il faudrait qu’une ville durable devienne de plus en plus autonome en énergie, qu’elle produise directement sa propre électricité pour la consommer sur place. Le tout grâce aux énergies renouvelables. Des panneaux photovoltaïques et des éoliennes pourraient ainsi fleurir sur le toit des immeubles, imagine Jean-Marc Nicolle.

On pourrait aussi réduire la consommation d’énergie du au chauffage en isolant mieux les immeubles et en favorisant des modes de chauffage comme la géothermie, qui capte la chaleur du sous-sol, ou la biomasse qui brûle les matières végétales comme le bois ou les matières agricoles.

Il y a aussi toute une architecture et un urbanisme à repenser. Un immeuble qui est collé à un autre permet de profiter du chauffage de son voisin. Le trop plein de chaleur que produisent les réfrigérateurs d’un supermarché pourrait être utilisé pour chauffer l’eau des piscines publiques. C’est tout l’avantage des villes, elles permettent de mettre en commun des ressources pour faire des économies.

Chacun d’entre nous peut participer aux solutions, affirme Jean-Marc Nicolle. Par exemple en choisissant de construire une maison à énergie passive. C’est-à-dire, une maison qui n’a pas besoin de faire appel à une énergie extérieure. Il existe aussi des maisons à énergie positive. En clair, des maisons qui produisent plus d’électricité qu’elles n’en consomment.


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